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Note : À des fins exclusivement pédagogiques. Cette page est destinée uniquement comme outil de documentation et n’a aucun effet juridique. Elle ne se substitue pas à la page officielle de l’entreprise exploitante, ni du constructeur ou des institutions officielles. Elle ne peut pas être utilisée pour la formation du personnel, laquelle relève des organismes et entreprises agréés.
Points clés
- Une coopérative basée sur le crowdfunding ;
- Un marché de niche avec usage de matériel de seconde main
À cette page
En bref
European Sleeper est une coopérative basée aux Pays-Bas et en Belgique et exploitant des trains de nuit. Elle fut lancée en 2021 dans le but de redynamiser les voyages ferroviaires de nuit sur de longues distances à travers le continent. La société se consacre exclusivement aux trains de nuit, proposant des couchettes, des compartiments-lits classiques et des voitures avec sièges. Fondée par Elmer van Buuren et Chris Engelsman, European Sleeper est financée par plus de 6 000 souscripteurs individuels et passionnés de trains de nuit, plutôt que par de grandes entreprises. Il s’agit de l’un des rares exemples de compagnies ferroviaires ayant réussi grâce au financement participatif.
Sa première ligne, mise en service en 2023, relie Bruxelles et Amsterdam à Berlin. En 2024, cette ligne a été prolongée jusqu’à Dresde et Prague, créant ainsi une liaison nocturne directe entre l’Europe occidentale et l’Europe centrale. En 2026, deux nouvelles lignes ont été lancées : de Paris à Berlin via Bruxelles, et de Bruxelles à Milan via Cologne.
Pour ses opérations techniques, European Sleeper a conclu un contrat avec Train Charter BV, une société néerlandaise qui fournit des solutions clés en main intégrant la conception du service, l’exploitation des trains, le service à bord et la location de la flotte.
| TYPE D’ENTREPRISE | |||
|---|---|---|---|
| Nom : | European Sleeper | ||
| Filiale / Marque de : | Coopérative | ||
| Pays d’enregistrement : | Pays-Bas | ||
| Année de fondation (sous ce nom) : | 2021 | ||
| Secteur : | Grande ligne voyageurs | ||
| Investisseur(s) : | Crowfunding – environ 6000 subscripteurs | ||
| Siège social : | Utrecht | ||
| Exploitant d’infrastructure: | non | ||
| Exploitant de gares : | non | ||
| ACTIVITÉS | |||
| Trafic local et régional : | non | ||
| Trafic longue distance : | oui | ||
| Trafic fret : | non | ||
| Activités de traction : | par Train Charter BV | ||
| Transports urbains : | non | ||
| Activités de leasing : | non | ||
| Entreprise de travaux d’infra : | non | ||
| Maintenance du matériel roulant : | par Train Charter BV | ||
La société a ainsi pris les dispositions nécessaires pour fournir à la fois les horaires de chaque gestionnaire d’infrastructure et le matériel roulant, y compris la traction et les conducteurs.
Liaisons régulières
➤ Bruxelles – Amsterdam – Berlin – Prague
➤ Paris – Bruxelles – Liège – Berlin
➤ Bruwelles – (Liège puis Eindhoven) – Lugano – Milan
Matériel roulant (hier et aujourd’hui)

EURO (Euro-Express Sonderzüge)
2023 – …

EURO (Euro-Express Sonderzüge)
2023 – …

GfF (Gesellschaft für Fahrzeugtechnik)
2023 – …

BTEX (Bahn Touristik Express)
2026 – …

RDC, RAG (RDC Gruppe)
2026 – …
Naissance de l’entreprise
Elmer van Buuren et Kris Engelsman ont créé European Sleeper, animés par une fascination pour les trains de nuit et par le défi de les faire renaître au sein d’un réseau ferroviaire européen aujourd’hui fragmenté. Leur idée n’est pas née d’objectifs de développement durable ni de la concurrence avec les compagnies aériennes, mais de nombreuses années de projets personnels, de frustrations et d’ambitions.
Elmer rêvait de diriger sa propre compagnie ferroviaire depuis plus de vingt ans, bien avant la renaissance actuelle des trains de nuit. Il avait travaillé au sein de la société publique néerlandaise NS en tant que contrôleur de train, au service de régulation du trafic et dans la gestion de projets ferroviaires, et savait par expérience à quel point il était difficile de lancer un service international : horaires incompatibles, travaux de nuit non coordonnés, manque de matériel roulant et quasi-impossibilité d’obtenir des sillons traversant plusieurs pays. Ce sont précisément ces obstacles qui l’ont motivé : prouver qu’un petit opérateur indépendant pouvait réussir là où les grands opérateurs historiques n’osaient plus s’aventurer.

De son côté, Kris avait déjà développé le Noord West Express et avait même imaginé un projet de « train de jazz » — un train de nuit culturel et expérientiel qui ne vit jamais le jour, mais qui sema les graines d’une aventure plus ambitieuse. Lorsque les deux hommes se rendirent compte qu’ils partageaient la même obsession et des compétences complémentaires, l’idée prit forme : créer une compagnie de trains de nuit coopérative, financée par le crowdfunding, bâtie par des passionnés plutôt que par des institutions.
Contrairement à d’autres opérateurs, l’ambition ici n’est pas de rechercher le volume, mais d’occuper un créneau négligé par les opérateurs historiques, qui estiment que ce type de service est trop coûteux — le personnel étant rémunéré de nuit — pour un impact limité en termes de transfert modal. European Sleeper occupe donc un petit marché inexploré et rappelle même aux visiteurs sur son site web que le train de nuit est bien plus qu’un simple moyen de transport : c’est une véritable aventure.
European Sleeper est une coopérative comptant environ 6 000 adhérents qui ont apporté une contribution totale de 7 millions d’euros. Ce montant s’est apparemment avéré suffisant pour mettre en place un service de train de nuit. Quatre acteurs composent cette opération de train de nuit : sur le plan technique, la société néerlandaise Train Charter Services B.V., qui fournit les conducteurs et les autorisations nécessaires. Pour le matériel roulant, deux autres acteurs sont impliqués : Railpool pour la traction et RDC Deutschland, un loueur allemand de matériel roulant. Enfin, il y a European Sleeper, responsable des ventes et du marketing.
Pourquoi le crowdfunding?
Dans une interview à Euronews, Elmer van Buuren a expliqué que les bailleurs de fonds traditionnels jugeaient le projet trop risqué. Après tout, European Sleeper est une start-up qui n’a encore fait ses preuves. Or, à l’exception des investisseurs en capital-risque, les investisseurs n’aiment pas l’incertitude. De plus, « mettre en place un service ferroviaire international est une tâche très difficile et complexe », explique Elmer van Buuren. Les trains doivent demander des sillons ferroviaires année après année, il est donc impossible de garantir des revenus à long terme, ce qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité pour les investisseurs potentiels.
Lors du lancement de la campagne de financement participatif en juin 2021, près de 500 000 € ont été récoltés en 15 minutes. Elmer a d’abord cru que son site web présentait un dysfonctionnement, comme il l’a expliqué dans une autre interview à Euronews. Fin 2023, le montant total récolté avait atteint près de 4,5 millions d’euros, mettant clairement la situation en lumière. Cette approche permet à l’entreprise de lever rapidement des fonds tout en constituant une communauté de clients-investisseurs. En 2026, le site web de la start-up comptait près de 6 000 abonnés ayant apporté près de 7 millions d’euros.
2023 : premiers services vers Berlin, puis Prague
Le premier train de nuit « European Sleeper » reliant Bruxelles à Berlin a été mis en service avec succès le 25 mai 2023. Le service a démarré avec trois allers-retours par semaine, au départ de Bruxelles-Midi, avec des arrêts à Anvers, Rotterdam, Amsterdam, puis jusqu’à Berlin.
En Belgique, le train a été stationné à Denderleeuw, à 20 kilomètres à l’ouest de Bruxelles, plutôt qu’au dépôt de Forest. Le train était tracté par une locomotive Lineas BR186, qui a assuré l’intégralité du trajet. À partir du 25 mars 2024, l’itinéraire a été prolongé jusqu’à Prague, la capitale tchèque, après qu’un sillon ferroviaire entre Dresde et la frontière tchèque eut enfin été obtenu. C’était pratiquement la première fois que Bruxelles était reliée directement à Prague. La locomotive Lineas BR186 a également assuré l’intégralité du trajet.

2026 : une année faste
L’année 2026 fut un grand cru pour European Sleeper, avec le lancement de deux nouvelles liaisons. Un premier nouveau train de nuit a fut mis en service le 26 mars 2026 entre Paris, Mons, Bruxelles, Liège et Berlin. Il circulait en alternance avec la liaison Bruxelles-Berlin-Prague, et inversément, offrant ainsi aux Belges un train quasi quotidien vers la capitale allemande, ce qui répondait clairement à une forte demande. Ce deuxième train a pu voir le jour grâce à la location d’un ensemble de voitures auprès de RDC, une société de leasing allemande qui dispose encore de voitures-lits dans sa flotte, notamment des voitures autrichiennes T2S modifiées. Ce train a permis à des petites villes comme Saint-Quentin, Aulnoye et Mons de voir revenir les trains de nuit – quelque chose qui avait disparu du paysage depuis quasi 25 ans… 🟧
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